dimanche 12 septembre 2010

Ma grand-mère...ce beau cadeau de mon enfance.

Avant de parcourir avec vous encore quelques années, je désire m'arrêter quelques instants pour rendre un hommage à ma grand-mère maternelle. Je peux vraiment dire aujourd'hui que je n'aurais jamais pu affronter seule ce chemin d'épreuves qui fut le mien si je n'avais eu pour exemple tout d'abord le courage de ma mère, les valeurs protestantes de mes parents et surtout les fondations que me donna cette grand-mère le temps d'une vie de vacances, une véritable bouffée d'oxygène au sein de mon ennui, de la peur et de la solitude que je connaissais le reste de l'année.C'était une grand-mère qui travaillait toujours en sifflant ou en chantant...
Ce furent des vacances à la campagne où j'allais apprendre la vie, une vie toute simple, le travail et le goût de l'effort.C'était une vie de partage et de convivialité faite d'apprentissage, de joie de travailler,de joie aussi de jouer et de réussir dans ce que j'étais capable de faire, on me montrait l'exemple,on me faisait confiance. Je faisais comme elle et avec elle.

J'ai envie de vous partager un peu ces souvenirs...
Il y a tout d'abord la tartine de bon pain par laquelle je termine mon repas sur les genoux de cette grand-mère, le jardin où je bêche la terre, ratisse, sème, arrose, porte la brouette, les animaux à qui je donne à manger et dont je nettoie les cages, le bois que je fends avec une hache pour ensuite le ranger soigneusement en tas. J'apprends à fabriquer du savon, de la bière à mettrre ensuite en bouteille. Et ce grenier où j'adore monter et qui a une odeur toute particulière avec ce lard qui sèche, suspendu à une poutre...Dehors, sur le perron, il y a une niche à chien dans laquelle je vais souvent me mettre, c'est comme une petite maison pour moi. Lorsque Pâques arrive et les beaux jours avec, c'est le signe de la grande lessive...On allume un réchaud dans le jardin et on fait cuire doucement les draps dans une grande lessiveuse, accompagnés par la musique d'un petit jet qui remonte indéfiniment pour être ensuite tapés et rincés à grande eau  pour finir ensuite suspendus sur de grandes cordes , flottant au vent et sentant bon....On joue le soir autour de la table à des jeux de société,  l'argent est représenté par des haricots en grains et je me réveille le matin avec un jaune d'oeuf battu dans une goutte de porto en guise de fortifiant...
Je vais aussi apprendre à traire les vaches aprés avoir été baptisée à ma première entrée dans l'étable par un jet de lait...J'apprends à lever la crème de ce lait  pour la battre ensuite et la voir se transformer doucement en beurre, j'emmène les vaches au pré, je ramasse les pissenlits dans les taupinières, je fais du feu dans les vieux troncs d'arbres en compagnie de mes frères. On va chercher l'eau à la fontaine, je peux planter ce que je veux dans le potager, j'ai une place pour moi et je m'émerveille de voir les petits pois sortir et grandir, je fouille la terre pour trouver les pommes de terre, le fermier mange sa pomme avec un canif qu'il sort de sa poche, je fais les vendanges, j'apprends à tailler les sarments de vigne, je porte de lourds paniers d'engrais.
Dans un grand drap étendu sous l'arbre que l'on secoue, je ramasse les mirabelles qui vont ensuite partir dans un grand tonneau pour une future eau de vie.
Ce fut ainsi qu'enfant, j'avais appris à utiliser mes mains, j'avais appris l'effort, la persévérance, la satisfaction du travail accompli, j'étais au contact de la nature, de la terre, des saisons, du mouvement de la vie, je regardais faire, je nourrissais mon corps et mon âme en observant, en découvrant, en maniant, en expérimentant, en créant, en ressentant...Je développais toute une sensibilité à la vie au contact de cette nature, j'apprenais le bon sens, celui qui allait ensuite me servir et être le guide de mon intuition tout au long de ma route.
Et bien sûr lorsque ces vacances se terminaient, je pleurais toujours dans la voiture du retour....

C'était une parenthèse de vrai bonheur auprés de quelqu'un dont je me sentais regardée, aimée et qui a beaucoup compté dans ma jeune vie, elle m'a donné ces bases solides sur lesquelles j'ai pu toujours compter.
C'est elle seule qui m'a donné le goût de l'amour , de la sagesse et du véritable sens de la simplicité de la vie.

Pour un enfant, une seule personne qui pose sur lui un regard de bienveillance et d'amour est le plus beau cadeau qui soit et son meilleur enseignant reste la nature qui est le maître de la vie. Nous en reparlerons plus loin avec l'éducation.

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