Bonjour,
Le mois d'Octobre fait son entrée, les feuilles ont commençé à tomber, les champignons sont sortis, les araignées cherchent à rentrer dans la maison et les vendanges ont démarré...
J'ai allumé le poêle à bois depuis hier et une douce chaleur remplit toute la maison, mon chien est couché devant, il a tout de suite reconnu la bonne place...et moi, je viens vous retrouver.
Mais pourquoi est-ce que je raconte tout ce parcours de vie?
Tout simplement d'abord pour donner l'envie de cheminer vers soi-même, d'affronter ses peurs et ensuite comme vous allez peut-être le lire, de comprendre que seuls conscience et respect de Vie peuvent venir faire face à la violence sous toutes ses formes...
A ce moment là de ma vie, je ne travaillais presque plus, je n'avais plus de force, je manquais d'argent et je ne savais plus vers quoi me diriger. Je ne savais qu'écrire, c'était la seule chose qui me rendait heureuse et dont j'étais capable, ce crayon qui coulait sous la main, ce trait qui prenait forme, cette rondeur qui ondulait, c'était comme de la musique dont seule ma main était capable.
J'étais en train de vivre un véritable cauchemar auquel j'obéissais en confiance et plus tard avec le temps, je vais rester étonnée de cette confiance illimitée dans laquelle je me trouvais alors, c'était un peu comme si je savais que ça devait être sans pourtant savoir...
C'est alors que mon bras droit allait me faire trés mal et me dire:
"Elle me retient, on me tire, j'ai peur et j'ai confiance, je suis déchirée."
C'est à ce moment-là dans cette grande douleur qu'une évidence m'est apparue, que j'ai su que le noyau de la première cellule est Amour, qu'au fond était Dieu pour ceux qui le nomment ainsi, oui, c'était lui cet Amour que je cherchais tant dans les profondeurs, celui qui m'avait fait tenir, celui qui me manquait tant...
Etait-ce au nom de cette quête, de cette exigence en moi que je revivais cette expérience, cette traversée de la matière en acceptant d'aller jusqu'au bout?
Mais alors d'où venait le Mal, la Souffrance, qui étaient-ils?
Alors que je revivais ces premiers instants de mon existence terrestre, je me demandais si toute cette souffrance qui m'envahissait existait déjà lors de ma conception?
Soumission, brutalité, humiliation...
Ne peux t-on venir au monde autrement, dans la joie et l'amour de la vie?
J'avais mal du Mal que les hommes font, c'était alors dans mon âme comme si je retenais en moi toute la souffrance du monde et j'avais honte pour l'Homme. Il avait tatoué la souffrance sur ma vie et je n'avais pas su vivre sans elle.
Que vivait intimement ma mère, quelle était sa vie lorsqu'elle me conçut et alors qu'elle m'attendait?
Le hazard n'existe pas et je l'appris trés vite grâce à des écrits retrouvés et laissés par elle à sa mort et datant de l'année précédant ma naissance. Elle exprimait ses sentiments, toute la tristesse d'une femme malheureuse dans son couple, une grande solitude, l'abandon, la résignation, son impuissance et sa soumission à l'exigence masculine de par son éducation et dans son couple.C'était une femme qui mettait tous ses espoirs de vie dans l'amour de ses enfants, de plus c'était la guerre et la nourriture manquait.
Etaient-ce tous ces états d'âme et ces peurs qui m'encombraient, m'handicapaient, pesaient si lourds et cependant lui appartenaient? Etait-elle soumise à l'homme lorsqu'elle me conçut?
Oui, il était là ce Mal qui retire la Vie, il était dans ce Continuum de mère à enfant.
Ce mal qui était dans tout mon corps et qui encombrait mon coeur, je le sentais, il était celui de l'autre, il était ce que l'on m'avait fait et il était ce qui me faisait être aujourd'hui.
Une question se posait à moi:
Ne conçoit-on pas tout simplement ce que l'on perçoit, ce que l'on Est?
Ce mal était comme la globalité d'un Son replié en moi que je trans-portais depuis toujours dans ma vie, dans ma sensiblité et ma relation aux autres et à cause de lui je m'étais retirée d'une certaine manière de la vie.
Quand on ne vous pas donné le droit de respirer librement, qu'il n'y a pas ou pas assez d'amour pour confronter le mal qui nous est fait, on se perd peu à peu, le déséquilibre s'installe, on se raidit, on se protège, on se retient, on se fait du mal, on s'autodétruit, alors le mal est en soi.
J'approchais alors du passage...
A bientôt.
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