Et me revoilà!
Imaginez-vous que j'ai failli arrêter ce blog ou complètement le transformer...à la veille de vous partager ce passage, on peut trouver ça étrange, non?
Comme si j'avais été à nouveau stoppée dans mon élan....
Bon, où en étais-je?
Comme je vous le disais, cette souffrance physique ne me lâchait pas, elle était constante, jusqu'à un certain matin où, sans prévenir, j'ai senti que quelque chose de trés fort allait se renverser, que j'allais passer d'un état à un autre...Ce furent des moments trés difficiles. Je devais lâcher, tout lâcher et respirer, l'énergie se mettait à courir partout, ça allait mieux et puis ça revenait, je devais absolument tenir pour passer, je devais y arriver seule...
Seulement je sentais que si je lâchais, j'allais m'évanouir, j'allais mourir...
J'appelais alors une amie au téléphone qui, par sa présence silencieuse et accompagnante me permit de revivre ce temps de vide total où je n'avais rien à quoi me raccrocher, suivi de cris de douleur, des cris rauques qui semblaient venir de si loin en moi et je me débattais comme prisonnière d'une toile invisible...
Sutout, surtout, qu'on me laisse, qu'on ne me touche pas !
Je venais de renaître, de sortir à nouveau du ventre de ma mère, blessée par des forceps qui avaient profondément marqué ma chair et meurtri mon âme, une mère endormie à l'éther qui était loin, si loin, j'étais seule, si seule...
Un déséquilibre allait s'en suivre, je ressentais un décalage entre mon âme et mon corps, j'avais aussi le sentiment de reprendre ma vie là où je l'avais jadis abandonnée...
Impression d'être sourde, de mal voir, besoin de fermer les yeux devant trop de lumière, c'était un peu comme du coton, je me sentais tout à coup respirer tranquillement et sans gêne, j'avais l'impression étrange d'arriver du vide, sans aucun repère et de me poser...Je pensais à un nouveau-né.
C'était un véritable marathon que je venais de vivre, tout était nouveau, tout était possible, c'était comme si je recommençais tout, c'était plus vivant que jamais, calme, harmonieux et trés puissant à l'intérieur.
Je ressentais le besoin de donner mon coeur, des sourires, de parler aux gens, de parler d'Amour. J'étais heureuse de respirer , je m'en délectais, je vivais en communion avec la Création.
Puis un changement intérieur va trés vite m'étonner, c'est alors que je vais ressentir de la joie, une joie si profonde car il n'y avait plus de tristesse, oui, j'avais réussi à faire ce grand saut toute seule....
Les mois vont passer, je sentais en moi une belle énergie qui avait envie de jaillir, d'éclater, de donner du beau de vivre, je voulais faire ce pour quoi j'étais faite, aller là où je devais aller pour servir la Vie.
Je me sentais trés heureuse.
A ce moment là de mon existence, j'étais pleine de gratitude envers cette énergie d'Amour, cette intelligence suprême et créatrice qui me permit de vivre dans la compassion, de magnifier le mal en l'oubliant et de ne jamais fermer mon coeur.
Une intelligence de l'Amour qui me guida lors de toute cette traversée, dans tous les méandres de ma vie, me rendant intelligente d'elle dans une aptitude à relier les évènements et à les transformer en organisant en moi peu à peu une nouvelle réalité objective.
Une inteligence de l'Amour qui me permit de devenir une femme à part entière en retrouvant l'entrave inconnue, là où mon envol fut jadis interrompu.
Dieu Amour, ce pédagogue merveilleusement astucieux et rusé qui nous appelle tous à une découverte que l'on ne peut faire que par soi-même. Menée par cette quête qui semblait à ses débuts grandiose et démesurée, je retrouvais ce qui avait été déterminant pour ma vie, inscrit dans ma matière, dans mon corps.
J'allais ainsi au noeud de ma souffrance, je déliais ce noeud et retournais l'énergie, j'allais là où étaient mes limites, là où j'avais enfin trouvé le mal que l'on m'avait fait. J'avais dû me mutiler, avoir si mal pour l'atteindre et le rejoindre ce mal mais je devais lui faire face et voir qui il était et de quoi il était fait.
Oui, qui il était pour faire tant souffrir et rendre si souvent l'Homme si insconscient parce que coupé de ses sentiments et par conséquent d'un Tout. Et toute cette impuissance liée à cette immense tristesse de n'avoir pas été capable de venir seule au monde et de crier ma joie d'être en vie, résignée et assurée que j'étais d'être incapable de par le seul et unique mouvement de vie imprimé en moi, celui devant ce mûr à franchir qui fut le premier de mon existence.
Je devais y retourner afin de le repasser seule et de réussir.
Le revoilà, ce mot Réussir que j'entendais en moi au début de ma traversée et dont j'ignorais tout....
Le combat semblait terminé, je n'avais plus rien à prouver à personne, j'étais devant l'histoire de ma vie.
A trés bientôt
Affichage des articles dont le libellé est naissance par forceps. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est naissance par forceps. Afficher tous les articles
mercredi 6 octobre 2010
mardi 7 septembre 2010
La traversée sur l'océan se termine enfin...
Les feuilles jaunissent...et commencent à tomber. La lumière est toujours aussi belle et douce, c'est si bon de se promener dans le jardin le matin, de vibrer à chaque arbuste ou fleur qui sont sur mon passage, je regarde comment ils vont et ce que je vais devoir faire en cet automne qui approche à grands pas. Ce sont tous des amis. L'eau manque dans la nature.
Je reprends mon récit alors que je me demande ce que l'on m'a fait....
Or, c'est seulement en poursuivant mon chemin que je vais le découvrir.
Pour le moment présent, je vais laisser derrière moi la toile éclatée de ma vie d'enfant, j'ai retraversé tout un monde d'émotions et de sensations, un monde d'ombre et de ténèbres, tout un temps où j'ai du beaucoup pleurer. Nous sommes devant l'histoire d'une petite fille née par forceps en fin de guerre, un bébé sur lequel on tire dessus, que l'on force à sortir, une petite fille aux terribles marques rouges, une petite fille qui ne marchera qu'à dix-huit mois, suspendue aux jupes de sa mère qui ne peut s'occuper d'elle, étant à nouveau enceinte, un petit frère qui arrive, un bébé qui se laisse mourir et est sauvé de justesse, la terrible angoisse d'une mère...une petite fille qui a envie et besoin de marcher, qui a besoin d'aide pour se tenir debout, qui a besoin qu'on s'occupe d'elle et qui se sent seule, non-aimée, abandonnée et coupable de cela.
Sa porte de survie va être l'amour, elle va se plier, s'incliner, vous savez, comme une plante qui manque d'eau, elle va répondre à toute demande de celle dont elle a tant besoin de se sentir aimée, petit oiseau qui va se casser l'aile, l'omoplate, en dansant sur son lit et désormais s'empêcher de voler, petit oiseau qui, en se brisant l'aile, va briser son envol naturel, ne va savoir que pleurer et se mettre à vivre pour cette mère, par elle, afin peut-être de ne plus se sentir coupable...Elle se courbe, se plie, s'agenouille même, se ronge les ongles d'impuissance et comme elle ne sait pas faire de mal, elle va rester silencieuse.
Elle s'entendra dire souvent: "Ma pauvre fille, tiens-toi droite, tu ne sais pas marcher, tu traînes les pieds, tu n'es jamais contente."
Petite fille devenue triste et molle comme une plante manquant de lumière, d'énergie, d'amour, une plante qui s'étiole, s'affaiblit et devient blanche. Evanouissements, saignements de nez, il y a l'ennui, tant de peurs et ce martinet qui fait si mal et est si injuste...Obligée, toujours obligée, forcée d'obéir, de manger, de se courber devant l'autorité, elle va voler dans ses rêves en battant des ailes pour s'élever comme un oiseau qui veut s'envoler, elle s'arrange seule de ses douleurs.
Tous ces comportements d'adultes que l'enfant ne comprend pas puis on va tuer son élan de réussite en classe, elle va abandonner, elle va s'abandonner, son dos va s'arrondir, torture de la gymnastique corrective et désormais soumise à toute autorité, elle s'emprisonne, s'empêche de respirer, s'échappe de la réalité, va oublier le mal en sélectionnant sa mémoire, seule manière qu'elle trouve afin de ne pas détruire le beau qui est en elle, elle va rêver, lire, dessiner, les années vont passer, elle traîne toujours les pieds...
Anesthésiée de toute une partie de mon corps, je ne savais pas ce qui était bon pour moi, on ne me l'avait jamais appris, j'avais seulement appris à me résigner, à accepter le malheur, à porter ma croix tout comme ma mère et c'est ainsi que j'avais déroulé mon fil de vie, que j'avais tissé ma toile, que je lui avais donné forme sans rien savoir de la vie.
Jusqu'au choc, à la déchirure...qui sont venus réveiller ma conscience, tout semblait en effet parfait à l'extérieur, il fallut la mort de mon petit frère, de ma grand-mère, de mon père et enfin l'abandon du père de mes enfants pour que je me noie, que je touche le fond, que je perde tous mes repères pour trouver le désir de remonter à la surface.Je suis alors revenue au début de mon récit sur ce blog.
Voici tout ce que je vais laisser derrière moi.
On pourrait se demander: mais qu'est-ce que cette traversée lui a apporté?
La connaissance de soi tout simplement où tout devient clair, simple, évident et surtout où tout s'enchaîne dans cette relation de cause à effet qui mène le monde, cette connaissance qui amène solidité intérieure, maturité et authenticité dans les rapports humains et surtout une exigence pour soi-même en vérité avec soi. On ne peut plus se mentir puisque l'on sait, on a besoin d'être toujours juste avec ce que l'on dit et ce que l'on fait.
Sans oublier que j'ai été capable d'aimer de tout mon corps et de toute mon âme, je me suis mutilée certes mais aussi fortifiée profondément, je me suis perdue pour mieux me retrouver.
Je marchais enfin comme une grande, j'étais vivante et libre.
C'est alors que ma mère s'en allait à son tour, j'étais désormais seule.
Et mon voyage allait continuer....
Je reprends mon récit alors que je me demande ce que l'on m'a fait....
Or, c'est seulement en poursuivant mon chemin que je vais le découvrir.
Pour le moment présent, je vais laisser derrière moi la toile éclatée de ma vie d'enfant, j'ai retraversé tout un monde d'émotions et de sensations, un monde d'ombre et de ténèbres, tout un temps où j'ai du beaucoup pleurer. Nous sommes devant l'histoire d'une petite fille née par forceps en fin de guerre, un bébé sur lequel on tire dessus, que l'on force à sortir, une petite fille aux terribles marques rouges, une petite fille qui ne marchera qu'à dix-huit mois, suspendue aux jupes de sa mère qui ne peut s'occuper d'elle, étant à nouveau enceinte, un petit frère qui arrive, un bébé qui se laisse mourir et est sauvé de justesse, la terrible angoisse d'une mère...une petite fille qui a envie et besoin de marcher, qui a besoin d'aide pour se tenir debout, qui a besoin qu'on s'occupe d'elle et qui se sent seule, non-aimée, abandonnée et coupable de cela.
Sa porte de survie va être l'amour, elle va se plier, s'incliner, vous savez, comme une plante qui manque d'eau, elle va répondre à toute demande de celle dont elle a tant besoin de se sentir aimée, petit oiseau qui va se casser l'aile, l'omoplate, en dansant sur son lit et désormais s'empêcher de voler, petit oiseau qui, en se brisant l'aile, va briser son envol naturel, ne va savoir que pleurer et se mettre à vivre pour cette mère, par elle, afin peut-être de ne plus se sentir coupable...Elle se courbe, se plie, s'agenouille même, se ronge les ongles d'impuissance et comme elle ne sait pas faire de mal, elle va rester silencieuse.
Elle s'entendra dire souvent: "Ma pauvre fille, tiens-toi droite, tu ne sais pas marcher, tu traînes les pieds, tu n'es jamais contente."
Petite fille devenue triste et molle comme une plante manquant de lumière, d'énergie, d'amour, une plante qui s'étiole, s'affaiblit et devient blanche. Evanouissements, saignements de nez, il y a l'ennui, tant de peurs et ce martinet qui fait si mal et est si injuste...Obligée, toujours obligée, forcée d'obéir, de manger, de se courber devant l'autorité, elle va voler dans ses rêves en battant des ailes pour s'élever comme un oiseau qui veut s'envoler, elle s'arrange seule de ses douleurs.
Tous ces comportements d'adultes que l'enfant ne comprend pas puis on va tuer son élan de réussite en classe, elle va abandonner, elle va s'abandonner, son dos va s'arrondir, torture de la gymnastique corrective et désormais soumise à toute autorité, elle s'emprisonne, s'empêche de respirer, s'échappe de la réalité, va oublier le mal en sélectionnant sa mémoire, seule manière qu'elle trouve afin de ne pas détruire le beau qui est en elle, elle va rêver, lire, dessiner, les années vont passer, elle traîne toujours les pieds...
Anesthésiée de toute une partie de mon corps, je ne savais pas ce qui était bon pour moi, on ne me l'avait jamais appris, j'avais seulement appris à me résigner, à accepter le malheur, à porter ma croix tout comme ma mère et c'est ainsi que j'avais déroulé mon fil de vie, que j'avais tissé ma toile, que je lui avais donné forme sans rien savoir de la vie.
Jusqu'au choc, à la déchirure...qui sont venus réveiller ma conscience, tout semblait en effet parfait à l'extérieur, il fallut la mort de mon petit frère, de ma grand-mère, de mon père et enfin l'abandon du père de mes enfants pour que je me noie, que je touche le fond, que je perde tous mes repères pour trouver le désir de remonter à la surface.Je suis alors revenue au début de mon récit sur ce blog.
Voici tout ce que je vais laisser derrière moi.
On pourrait se demander: mais qu'est-ce que cette traversée lui a apporté?
La connaissance de soi tout simplement où tout devient clair, simple, évident et surtout où tout s'enchaîne dans cette relation de cause à effet qui mène le monde, cette connaissance qui amène solidité intérieure, maturité et authenticité dans les rapports humains et surtout une exigence pour soi-même en vérité avec soi. On ne peut plus se mentir puisque l'on sait, on a besoin d'être toujours juste avec ce que l'on dit et ce que l'on fait.
Sans oublier que j'ai été capable d'aimer de tout mon corps et de toute mon âme, je me suis mutilée certes mais aussi fortifiée profondément, je me suis perdue pour mieux me retrouver.
Je marchais enfin comme une grande, j'étais vivante et libre.
C'est alors que ma mère s'en allait à son tour, j'étais désormais seule.
Et mon voyage allait continuer....
Inscription à :
Articles (Atom)