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jeudi 16 septembre 2010

Je trouve ma terre promise...

Aprés une magnifique journée ensoleillée, une pluie fine est arrivée ce matin nous mettant d'un seul coup dans l'ambiance automnale, il va s'agir sans perdre de temps de faire ramoner la cheminée et de commander du bois....

Mais reprenons ensemble ma route aprés toutes ces années d'où je sortais certes fragile, trés seule mais heureuse de cette nouvelle liberté. Aprés une si longue traversée et marche en solitaire vers l'essentiel de moi, devenue nomade, j'avais besoin de mettre mes racines en terre, j'avais besoin de paix au sein de la nature et des animaux, j'avais toujours rêvé d'une maison avec jardin, j'avais aussi la sensation étrange d'appartenir à un autre monde.
C'est alors que la Vie va me faire ce cadeau, un bout de terre entre ciel et terre, des chevreuils qui passent, des oiseaux partout, des animaux de toutes sortes et une belle terre argileuse, pure, secrète, étonnante, joueuse comme la vie. Une terre rouge, chaude, poreuse qui, au contact de l'eau qu'elle garde secrètement dans ses couches donne le désir de la malaxer, de la toucher, de la rouler, de la caresser entre ses doigts et de lui donner forme.Une terre riche qui trompe son monde en surface en apparaissant sèche, dure et aride, une terre de vigne, la terre de mon enfance, ma terre...
Je devais désormais façonner, mon corps allait devoir épouser son propre langage, donner forme à cette terre qui était mienne en construisant une maison, en créant un jardin, en créant des nouveaux ateliers mais aussi en faisant face à la solitude de mon âme. La forme que je vais donner à cette maison va tout simplement émerger de la manière dont j'ai envie de vivre à l'intérieur en tant que fruit de toute mon expérience de vie, maison bien plantée, adhérant bien au sol et faisant une avec lui. Soleil et espace à l'intérieur comme à l'extérieur. Grâce à cette terre et à cette maison, je vais me donner tous les petits bonheurs qui ont nourri une partie de mon enfance, je vais trés vite me remplir d'espace, de liberté, de soleil, de fleurs, de nature, de l'amour des animaux dont je me sens si proche, me sentant comblée de ce cadeau merveilleux de la vie.
Chaque jour, je vais rendre grâce pour ce qui m'avait été donné en remerciant la Création tout en sentant, en sachant que je devais continuer de créer et de me mettre plus que jamais au service de cette beauté de la vie.
Seulement, j'ignorais encore que mon voyage intérieur allait parcourir de nouvelles profondeurs...
Etre seule avec soi-même, c'est se créer libre...
Alors, c'est en effet seule dans cette maison du bout du monde, dernière maison d'un petit hameau tout en hauteur que j'allais me retrouver dans une solitude que j'allais devoir affronter et apprivoiser...Il le fallait bien car je ne pouvais pas tricher...
Mais que va donc faire la Vie en moi?

mercredi 18 août 2010

Femmes lapidées...

Oui, c'est l'actualité d'aujourd'hui....C'est l'horreur, cette exécution par la torture, cette justice d'abattoir...

J'ai envie d'en parler un peu, j'ai surtout envie de parler de ces hommes capables de tels actes et d'essayer de comprendre...comment ils en sont arrivés là, à un tel refoulement de leurs sentiments pour pouvoir être devenus insensibles à ce point.
Que représente la femme adultère pour eux? De quoi ont-ils peur? Que jettent-ils à travers ces jets de pierres sadiques parce que calculées par leur grosseur pour faire le plus souffrir et ne pas tuer tout de suite?

N'est-ce pas la liberté? La Vie? L'Amour?

Afin d'essayer de comprendre, remontons à l'enfance de ces hommes. Dans cette compulsion de répétition de l'inconscient ( j'y reviendrais dans mon blog) assez impitoyable, ils ne font que reproduire ce qu'on leur a fait subir jadis...formés à l'obéissance et qu'aucun sentiment ne va venir ébranler. Nous sommes en Iran, quelles valeurs religieuses leur ont été inculquées par tous les moyens dés le plus jeune âge?
Qu'est-ce qui est refoulé? Sans aucun doute des mauvais traitements, n'ayant connu que la dureté, la violence, l'exercice aveugle du pouvoir quelqu'il soit, et tout ce qui de l'ordre de la tendresse et de la vie a sans doute été méprisé. Lorsque l'on n'a pas le droit petit, d'apprendre à vivre ses sentiments, à les manier,à les comprendre, on va plus tard les redouter comme le diable, ce qui fait que pour ces enfants devenus des hommes, tout ce qui va éveiller une émotion est dangereux, tout ce qui va stimuler l'imagination, tout ce qui est Vie doit être exterminé !  Et ça, ça représente la femme, la Vie, l'Amour, les sentiments, la création ......

Ces hommes ne peuvent pas comprendre, une fois de plus, ce qu'on leur reproche, ils sont assurés de leur légitimité; n'ayant jamais ressenti leurs propres traumatismes, ils ont peur de leur propre liberté et surtout de sa réemergence et préfèrent entretenir leur haine à l'état pur à l'égard de la femme qui est devenu leur exutoire....

Pour moi, seule l'éducation dés le début de la vie pourra changer les choses, les femmes ont un rôle essentiel et ils le savent et j'ai aussi envie de faire confiance à la jeunesse actuelle...
Je me pose aussi la question sur la grossesse des mères de ces hommes barbares et sur la manière dont la naissance s'est déroulée, sujet qui sera abordée dans ce blog un peu plus tard.

Je termine ce message douloureux avec le besoin impératif d'aller me promener doucement dans mon jardin et regarder la vie se faire...avec amour...

mardi 17 août 2010

L'appel...

Me voilà à nouveau...
Je vous disais que je venais d'attacher mon radeau à la rive, ce qui veut dire que je prenais enfin conscience de quel trou noir je sortais, un océan sans limite fait d'angoisse et de confiance à la fois et sur lequel je naviguais, flottais plus exactement, maîtrisant seulement ce qui était prioritaire et vital pour moi, c'est à dire du domaine de la survie. Il y avait en moi comme de grosses vagues aprés tout un nettoyage...Dans cette bataille de chaque jour, je continuais de faire le tri de tout ce qui ne me convenait plus, je ne vous ai peut-être pas dit que je m'étais retrouvée seule, abandonnée, avec deux enfants et sans travail, je perdais mes amis d'alors, ils s'éloignaient par gêne ou par peur, ou encore je les quittais parce que je n'avais plus rien à leur dire, monde trop superficiel, discussions stériles, jugements continuels....

C'est comme cela qu'un jour à cette époque, je me suis posée une question existencielle:
"Pourquoi est-ce que je souffre autant alors que la nature est si belle?"
Drôle de question, non?

Et c'est quoi une quête? Cette quête démesurée que je ressentais, était-ce une quête d'absolu? En regardant de plus prés le sens de ce mot, nous trouvons l'action de chercher, d'aller à l'essentiel, d'y mettre toute son âme...
Oui, pour moi, c'était ça, comme un défi à la vérité mais la vérité de quoi? Je trouvais alors comme réponse celle du Bien et du Mal.
C'était comme un défi que me lançait Dieu, toute mon énergie me poussait à ce défi, c'était exactement comme celle d'une plante qui a à pousser, et ce chemin de vérité n'était pas des plus facile...

Je savais intimement que je pouvais réussir et que pour cela seul l'amour était mon moteur, je vais donc continuellement obéir à mon coeur et seule l'intuition va me guider particulièrement dans mes comportements et attitudes face à cet amour difficile et destructeur d'une certaine façon.
Cet amour que je vis conjugué à la souffrance va peu à peu transformer mon âme, me permettant doucement de rejoindre un amour divin ou universel comme vous voulez qui va résonner avec tout ce qui m'entoure, être humain, plante, animal dans le plus profond respect.
Oui, j'avais besoin d'être capable d'aimer ainsi cet homme, oui, j'avais besoin de côtoyer à nouveau la violence verbale et physique si effrayante et douloureuse, j'avais besoin de me retrouver seule, trahie, humiliée, violentée afin de Redevenir totalement Vivante et surtout consciente de cette petite fille  qui avait tout oublié de ce qu'elle avait vécu, de ce à quoi elle avait assisté en ne gardant que le Beau de son enfance, de cette petite fille si triste dans son coeur qui avait toujours fait le choix d'aimer à tout prix pour ne surtout pas cultiver la haine ou le ressentiment.
C'est grâce à cet amour que je portais à cet homme et dont j'étais capable que je pus apprendre à m'aimer, me redresser, me transformer, il m'avait tout simplement permis de grandir, d'évoluer et de me libérer de l'oubli.
Le temps passa et je dus laisser un jour derrière moi cet homme enfermé dans ses sentiments, je ne pouvais plus accepter ce qu'il me faisait vivre, j'aspirais à mon respect, mon besoin d'harmonie et de paix, j'étais enfin sortie du transfert...
Oui, transfert car par effet de miroir, il m'avait permis de Retoucher l'inaccessibilité de mon père, ses éclats de folie,sa violence, sa froideur, mes peurs démesurées, l'emprise maternelle, les attouchements d'un grand-père, tout ce qui était pour moi une énorme prison intérieure affective faites de peurs et de tristesse dont je n'avais aucune conscience, n'ayant quasiment aucun souvenir de mon enfance. Aujourd'hui, je ne pense pas qu'une analyse sur le divan m'aurait ainsi permis de retoucher un tel vécu inscrit au sein d'une mémoire corporelle et que seule une vie concrète, réelle, objective avait pu permettre à mes propres barrières de tomber.
C'est l'amour de cette vie en moi que je construisais alors qui m'avait permis de le faire ainsi doucement, inexorablement, en son temps et c'est parce que je l'avais laissée faire grâce à l'amour.
Lorsque l'appel de cet amour de soi se fait en nous, il est plus fort que tout et j'ai envie de dire que l'on se doit d'y obéir, il est essentiel de l'entendre seulement peu d'êtres humains savent le faire aujourd'hui.

Entendre cet appel au sein de notre âme, c'est entendre cet appel à notre liberté intérieure faite de notre dignité et grandeur divine, de notre respect, c'est l'appel à ce quelque chose de plus grand que nous et qui nous dépasse.

Ce matin, j'ai été trés bavarde et pour terminer je vous laisse avec une petite citation de Jean Biès:

"Il n'y a pas de traversée du désert,
Il n'y a qu'une marche vers l'oasis."

A trés bientôt.